Prévention et vaccination du chien

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Mieux vaut prévenir que guérir. Contre la maladie de Carré, il existe une mesure préventive qui, depuis de nombreuses années, a fait ses preuves.

Injecté à des sujets sains, à la dose de 1 à 2 cm3 par kilo, le sérum homologue permet de protéger les chiens pendant trois à quatre semaines.

Certains propriétaires préfèrent même renouveler mensuellement jusqu'à l'âge adulte de telles injections préventives ? Plutôt que d'avoir recours à la vaccination proprement dite.

D'autres, au contraire, préfèrent la vaccination. Est-elle toujours efficaces ? Est-elle toujours sans danger ?

Les avis sont très partagés. Il semble toutefois qu'on doive sagement la conseiller partout où le « complexe maladie » sévit à l'état endémique. On prendra à cet égard certaines précautions. Il serait très grave, en effet, de vacciner un chien en incubation inapparente. Si pendant trois ou quatre jours la température ne s'élève pas au-dessus de 38,8 oc, on peut vacciner sans danger.

Toutefois, pendant les quinze jours qui suivent, le chien ne devra sous aucun prétexte être mis en contact avec d'autres chiens, ni laissé en liberté dans la rue.

Quelle est la durée d'efficacité du vaccin ?

L'immunité première ne dépasse guère six mois. Il est donc préférable d'avoir recours à un rappel six mois plus tard.

La rage

Dans la plupart des manuels scolaires, un récit, illustré d'une gravure, enseigne aux jeunes le culte de Pasteur : Pasteur a guéri de la rage le petit berger.

Le grand mérite de Pasteur a été d'oser et de tenter une vaccination inextremis sur des sujets mordus depuis peu, avant toute atteinte nerveuse, de prouver en quelque sorte que la cause unique était la morsure et qu'il fallait agir vite.

Comme la rage ne peut se transmettre que par morsure, la maladie est heureusement peu répandue. On ne la trouve de nos jours que dans certains pays où la police sanitaire est pratiquement impossible en raison de l'étendue des territoires à surveiller.

Les symptômes en sont connus : modification du caractère et des habitudes, regard vague et triste, recherche de l'obscurité. Ces signes précurseurs ne durent que quelques jours. La période d'hyperexcitabilité est dominante, au cours de laquelle on constate un violent prurit, qui peut provoquer des phénomènes d'automutilation.

L'animal fixe des êtres imaginaires, se précipite en avant, en happant le vide. La perversion du goût le porte à ingérer des matières étrangères à l'alimentation (paille, cuir, charbon, cailloux, etc.). Souvent le chien a des difficultés à avaler : c'est le symptôme de « l'os dans la gorge » (ou dysphagie). Il s'agit en réalité de paralysie du larynx, qui s'accompagne d'un écoulement de « bave filante ».

Le chien enragé n'est pas hydrophobe, il voudrait boire au contraire, mais il appréhende la douleur causée par le spasme qui bloque sa gorge. A ce stade, il tend à s'échapper, abandonne maison et maîtres, s'enfuit droit devant lui, cherchant à mordre, sur son chemin, hommes ou bêtes, et ne s'arrête que lorsqu'il est épuisé.

Tantôt il revient au logis, tantôt il continue sa randonnée.

L'accès rabique ne tue pas immédiatement. Après plusieurs crises, l'animal se paralyse progressivement, et la mort survient par asphyxie. Il existe une autre forme tout à fait différente de la rage : la « rage mue ». Assez rare, elle ne s'accompagne ni d'agressivité ni de bave nécessairement, mais d'un état d'abattement extrême, et le sujet meurt, totalement paralysé, en quelques jours.

A juste titre, la police sanitaire française n'accepte pas le traitement curatif de la rage. Cette thérapeutique est trop problématique et présente trop de dangers.

Inexorablement, tout chien reconnu enragé est abattu, ainsi que tous les animaux qu'il a pu mordre, avec lesquels il a pu se battre, ou avec lesquels il a pu avoir un contact étroit. Grâce à l'application rigoureuse (et quelquefois inhumaine de cette mesure), la rage ne se manifeste pratiquement plus dans les pays civilisés.

De nos jours, cependant, il serait possible d'utiliser une vaccination qui semble avoir donné de bons résultats dans les pays où elle est obligatoire depuis des années.

L'abattage ne serait plus systématique si l'on observe pendant plusieurs mois les chiens suspects d'avoir été en contact avec un animal atteint.

Deux injections de 10 à 20 crn3 de vaccin antirabique de l'Institut Pasteur, pratiquées à dix jours d'intervalle, immunisent l'animal pendant un an. Un rappel de cette vaccination préventive doit être effectué tous les ans. Cette pratique sanitaire est en usage aux colonies et reconnue dans presque toutes les nations du monde comme indispensable, mais elle est considérée comme insuffisante en France et n'y est pas admise légalement. C'est en fait une lacune regrettable, surtout au pays de Pasteur.

En conséquence, un problème se pose. Que doit-on faire d'un chien enragé qui a mordu ? Qu'il soit vacciné ou non, la loi exige une surveillance de quinze jours.

Un premier certificat doit être délivré par le vétérinaire le jour de la morsure (certificat provisoire). Le deuxième, établi quinze jours plus tard, sera définitif. Entre-temps, il est toléré que l'animal soit placé sous l'entière responsabilité du propriétaire, qui doit éviter pendant cette période tout accident possible. Le chien doit être maintenu muselé et en laisse. S'il meurt, le propriétaire doit prévenir immédiatement les autorités responsables.

On donne ce délai de quinze jours, parce que si le chien mordeur est encore vivant à cette date, on peut en conclure que sa salive n'est pas virulente; d'autre part, en cas de mort, le traitement pasteurien peut être appliqué avec succès sur la personne mordue.